L’avenir incertain de la CAN 2027 : risque imminent de délocalisation !

La CAN 2027 devait marquer un tournant historique pour le football africain. Pour la première fois, ce prestigieux tournoi était confié à trois nations d’Afrique de l’Est : le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie, unis sous le projet « Pamoja », un terme swahili signifiant « ensemble ». Lorsque la CAF a officialisé cette candidature commune en avril 2023, l’enthousiasme était palpable. Les trois pays promettaient une organisation sans précédent, fondée sur une coopération régionale solide, avec d’importants investissements dans les infrastructures sportives, les transports et l’accueil des supporters. Ce projet visait également à mettre en lumière le développement économique et touristique de l’Afrique de l’Est, tout en démontrant la capacité de la région à organiser un événement sportif d’envergure. Sur le papier, les ambitions étaient claires : des stades flambant neufs, des villes modernisées et une compétition destinée à marquer l’histoire du football africain.

Pour réaliser cette vision, chacun des trois pays s’était engagé dans un vaste programme de modernisation. Le Kenya devait notamment construire ou rénover plusieurs grandes enceintes à Nairobi et dans d’autres villes stratégiques, afin d’assurer une capacité d’accueil adéquate pour un tournoi continental. De son côté, l’Ouganda misait sur la rénovation du stade national Nelson Mandela à Kampala et la construction de nouvelles infrastructures conformes aux exigences les plus strictes de la CAF. La Tanzanie, quant à elle, avait lancé plusieurs projets ambitieux, avec de nouveaux stades à Arusha et Dodoma, tout en investissant massivement pour moderniser ses installations sportives. Cette mobilisation collective visait à illustrer la solidarité régionale et à faire de la CAN 2027 (prévue du 19 juin au 18 juillet 2027) un véritable moteur de développement pour l’ensemble de l’Afrique de l’Est. Pendant de longs mois, les autorités des trois pays ont affiché une confiance totale, multipliant promesses et déclarations ambitieuses pour rassurer la CAF et les partenaires sur l’avancement du projet.

Le Rwanda et l’Afrique du Sud se tiennent prêts

Cependant, à un peu plus d’un an de l’événement, l’optimisme initial cède progressivement la place à de sérieuses inquiétudes. Un rapport d’inspection réalisé par la CAF, suite à une visite sur site, a révélé de nombreux retards dans la construction et la rénovation des infrastructures, remettant en question la capacité des pays hôtes à respecter les délais. L’Ouganda se trouve particulièrement en difficulté, car aucun des stades inspectés ne répond actuellement aux exigences de catégorie 4 de la CAF, le niveau d’homologation le plus élevé pour accueillir des compétitions internationales. Plusieurs installations présentent encore d’importantes lacunes, notamment dans les zones réservées aux joueurs, aux arbitres et aux médias. Au Kenya, la situation n’est guère plus rassurante, certains chantiers majeurs accusant également des retards significatifs. Le stade Talanta de Nairobi, pièce maîtresse du projet kényan, devait initialement être livré fin 2025, mais sa livraison a déjà été repoussée à l’été 2026, alimentant les doutes sur la capacité du pays à terminer les travaux à temps. Face à ces incertitudes, la CAF envisage plusieurs scénarios alternatifs pour éviter une organisation chaotique.

Dans les coulisses, l’idée d’une délocalisation complète commence à émerger, avec l’Afrique du Sud comme option la plus crédible pour accueillir l’événement, selon des informations rapportées. Ce pays dispose en effet d’infrastructures déjà prêtes, héritées de la Coupe du Monde 2010, et pourrait organiser la compétition dans des délais bien plus sûrs. Une telle décision provoquerait toutefois un véritable séisme politique et sportif en Afrique de l’Est. Selon plusieurs sources proches du dossier, relayées dans la presse, le Kenya et l’Ouganda continuent de faire pression pour conserver l’organisation, promettant d’accélérer les travaux et de tenir leurs engagements. La Tanzanie, qui semble aujourd’hui être le pays le plus avancé dans ses préparatifs, serait très défavorable à une délocalisation due aux retards de ses voisins. Une situation explosive qui place désormais la CAN 2027 sous une menace réelle et pourrait inciter la CAF à prendre une décision rapide pour éviter une nouvelle crise autour de son tournoi phare, alors que le Rwanda attend également dans les starting-blocks.