À La Beaujoire, le FC Nantes disputait ce dimanche un match crucial, déjà qualifié comme l’une de ses dernières chances de sauver sa saison. À seulement quatre journées de la fin du championnat de Ligue 1, les Canaris faisaient face à une pression énorme pour ce derby de l’Ouest contre le Stade Brestois. Enlisés dans la zone rouge depuis plusieurs semaines, les hommes de Vahid Halilhodžić n’avaient plus le droit à l’erreur s’ils espéraient éviter la relégation. La situation était d’autant plus pressante après le match nul de leur concurrent direct, l’AJ Auxerre, contre l’AS Monaco, offrant aux Nantais l’opportunité de se rapprocher à trois points de la place de barragiste en cas de victoire. Dans un stade plein à craquer, les Jaune et Vert ont rapidement pris les devants grâce à Mostafa Mohamed, qui a inscrit un superbe but enroulé dès la dixième minute sur une passe de Francis Coquelin. Pendant un long moment, Nantes semblait maîtriser son match, affichant une défense solide, une combativité exemplaire et bénéficiant d’un public enflammé. Les Canaris ont su contenir des Brestois peu offensifs, malgré quelques tentatives de Romain Del Castillo et la présence de Brendan Chardonnet dans les airs. Tout semblait s’aligner pour une victoire décisive dans leur quête de maintien.
Cependant, la rencontre a pris une tournure inattendue peu après l’heure de jeu à la suite d’une décision arbitrale controversée qui a embrasé les dernières minutes du match et suscité la colère de l’entraîneur nantais. Sur une action où Luck Zogbé semblait filer vers le but, le milieu nantais Dehmaine Tabibou intervient et l’arbitre Guillaume Paradis brandit d’abord un carton jaune. Après consultation de la VAR, le carton est finalement transformé en expulsion, l’arbitre estimant que l’intervention était inutile. Cette décision a laissé Nantes réduit à dix joueurs pour les vingt-cinq dernières minutes, alors qu’ils menaient toujours au score. Sur le banc, la tension a rapidement monté. Furieux, Vahid Halilhodžić a explosé contre le corps arbitral et a lui aussi été expulsé après avoir refusé de regagner calmement sa zone technique. En infériorité numérique et dans une ambiance électrique, les Nantais ont finalement craqué dans le temps additionnel lorsque Brendan Chardonnet a égalisé sur un coup franc, laissant le score à 1-1. Ce scénario cruel a transformé une victoire presque acquise en un match nul frustrant, éloignant encore un peu plus le club de la Loire de son objectif de maintien, tout en suscitant une polémique arbitrale qui a fait sortir Halilhodžić de ses gonds.
Coach Vahid fait du Coach Vahid
Comme prévu, l’après-match a été minutieusement examiné par les journalistes nantais. Quelques minutes après la fin du match, l’ancien entraîneur du PSG a pris le micro pour exprimer son indignation. «Je suis en colère et je ne comprends pas ce carton rouge. Aucune des décisions arbitrales ne m’a semblé justifiée. L’arbitre est jeune et m’a dit que je pouvais prendre une suspension. Peu importe, je suis prêt à encaisser. Quand je vois une injustice, je dois réagir. Je l’ai appelé pour des explications. Nous méritons du respect, Monsieur. Pour qui se prend-il ? Les joueurs ont tout donné. J’ai de la colère et de la frustration», a déclaré un Vahid Halilhodžić furieux. En conférence de presse, le natif de Jablanica a ajouté : «Je lui demande des explications. En tant qu’entraîneur, j’ai le droit de le faire. Il faut nous respecter. Il m’a donné le rouge à cinquante mètres, mais qu’il vienne m’expliquer en face. Bien sûr qu’il y a de la nervosité. C’est la sixième fois que nous prenons un but après la 90e minute. C’est très difficile à encaisser. L’équipe voulait vraiment gagner, nous avons tout donné. Et puis, il y a le destin… et cet arbitrage. Je ne comprends pas. Ce n’est pas juste le rouge pour Tabibou, il y a eu un gros contact entre Mat (Abline) et le gardien, on aurait pu réclamer un rouge aussi. Je ne comprends pas.»
Au fil de son discours, le tacticien de 73 ans semblait déjà résigné quant à la mission maintien. Cette déception à domicile face à Brest pourrait bien marquer un tournant dans la dernière ligne droite de la saison. «Il faut être réaliste… Aujourd’hui était l’un des derniers espoirs pour prendre des points, retrouver de la confiance et entamer une série de résultats positifs. Nous avions besoin d’une victoire. Cette équipe a le potentiel. Nous avons beaucoup travaillé. Je croyais vraiment que nous pouvions gagner. J’y ai cru jusqu’au bout. Mais le destin en a décidé autrement. Nous sommes en colère, déçus ; c’est difficile à accepter ce soir», a conclu Halilhodžić. «Je suis très touché. À chaque match, nous n’étions pas loin d’un résultat positif. C’est dur d’accepter que le travail ne soit pas récompensé. Le destin est très cruel. C’était une de nos dernières chances de nous rapprocher d’Auxerre. Nous avions besoin de cette victoire pour retrouver confiance et plaisir. Cette équipe ne gagne pas. Nous souffrons. Je le dis depuis longtemps, une victoire pourrait tout changer. Mais après ce match nul, c’est presque mission impossible. Il faut remobiliser les joueurs. Mercredi, nous allons à Paris, puis il y aura Rennes (silence). Nous devons nous calmer et préparer la suite, qui ne sera pas facile. Demain, au décrassage, je peux imaginer les visages. La déception est énorme, je l’ai vue dans le vestiaire», a-t-il ajouté en salle de presse. Les Canaris devront redresser la barre mercredi face au PSG, probablement sans Vahid Halilhodžić qui pourrait être suspendu.