Obsèques d’Arthur Paecht, le vibrant hommage de Marc Vuillemot maire de La Seyne-sur-Mer

Vibrant hommage rendu au Dr Arthur Paecht, par Marc Vuillemot le maire de La Seyne.

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Obsèques d’Arthur Paecht, le vibrant hommage de Marc Vuillemot, maire de La Seyne, en médaillon.

Les obsèques d’Arthur Paecht ont eu lieu ce jeudi 16 août dans l’église Notre-Dame de la Mer à Mar Vivo, en présence de centaines de seynois, d’élus, du préfet de Région et du préfet du Var.

Le maire de La Seyne, Marc Vuillemot, a rendu un vibrant hommage à celui qui fut avant lui de le premier magistrat de la ville.

« J’ai beaucoup appris de l’homme que nous accompagnons pour ce dernier adieu.

Je n’ai jamais pu véritablement le considérer comme un adversaire… ce que, pourtant, de fait, nous étions : nous nous sommes, tout de même, affrontés plusieurs fois aux élections !

Mais ainsi vont les relations humaines : adversaires, nous nous respections, et, dans la vie courante, nous avons cultivé des sentiments amicaux.

J’admirais sa verve teintée de son accent qui lui faisait intervertir le son « e » avec le son « é », dont je me suis souvent demandé s’il le cultivait délibérément, et, évidemment, son intelligence acérée, son engagement pour la République, sa capacité à dépasser les conflits… lorsque ça lui semblait utile, son goût pour le débat, son appétit pour la confrontation, sa volonté de convaincre, son audace à ne pas hésiter à jouer… à front renversé… car, lui plus que quiconque, connaissait la bête immonde, et non seulement il ne reculait pas devant elle, mais il s’engageait résolument contre.

Sa pensée était riche, complexe, non dénuée d’humour. Ne disait-il pas, avec ironie, avec son œil pétillant de malice, à moi et à d’autres, « je suis le seul homme de gauche de cette commune » ? Au-delà de l’ironie, il faisait en cela référence, entre autres, j’en suis certain, à sa volonté de promouvoir la culture qui, selon certains, aurait été une chasse gardée de la gauche…

Un homme de culture

Car, oui, il était, cela a été dit, un homme de culture.

Tout enfant, sa famille lui avait permis de fuir ceux qui portaient atteinte, dans des autodafés gigantesques, aux instruments du savoir et de l’élévation des esprits, les livres, les tableaux, les objets d’art… Il savait, hélas d’expérience, le raccourci que cela a représenté pour conduire sur les chemins qui mènent à la servitude. Ou à la mort.

Vous saviez aussi, Arthur Paecht, que promouvoir la culture est prendre le risque de la vérité. Mais cela n’effraie pas un homme de conviction.

Je salue donc l’être au destin d’exception que vous fûtes, depuis votre enfance durement marquée par le nazisme en Autriche. Elle aura forgé une vie d’homme résolument républicain et démocrate, jusqu’à vos ultimes combats, au nombre desquels celui que nous avons mené ensemble pour le maintien de notre maternité seynoise, vous qui, tout en ayant exercé quatre décennies à La Seyne votre profession libérale de médecin de ville, avez toujours été un ardent promoteur et défenseur de l’hôpital public.

Et vous avez été aussi un pragmatique. Ni complaisant, ni naïf !

Respect cordial et tristesse

Député, Arthur Paecht, vous avez choisi de vous investir avec détermination dans les questions de défense. Parce que vous en mesuriez l’importance pour notre territoire, et parce que la défense, c’est la paix, cette paix qui a tant fait défaut à vos primes années. Vous étiez d’ailleurs très fier de votre présidence de l’IRIS, et aussi d’avoir eu raison – trop tôt – sur certains aspects de la politique de défense du Président Giscard d’Estaing. Ce qui vous a valu quelques soucis… vite surmontés.

Vous avez été longtemps appelé avec déférence « Monsieur le député », « Monsieur le président », ou « Monsieur le maire ». De Bandol et de La Seyne. Mais tu aurais permis, mon cher Arthur, que je revienne au tutoiement de nos échanges, pour dire à ta famille, à tes amis, le respect cordial et presque filial que je te portais, et la tristesse je ressens.

Ton souvenir ne s’éteindra pas dans les esprits et dans les cœurs de beaucoup de gens, de chez nous et d’ailleurs, pour bon nombre pour ce que tu as fait, et pour la plupart pour ce que tu as été. »

À vous, Monsieur Arthur Paecht, à toi, Arthur, au nom de notre conseil municipal, et en mon nom propre, je dis adieu.

Et à Valérie, à Pascal, à Aude, à leurs enfants, à ta famille et tes proches, je redis mon, notre, affectueuse et sincère compassion. »

 

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