apiculteur Var

Apiculteur une formation au Lycée Agricole de Hyères, le seul en France

 

Pour tout savoir sur les abeilles, nous avons  rencontré David Tibergien qui, à 51 ans, a entamé une reconversion dans l’apiculture et le responsable de formation Gilles Broyer.

Cette formation se déroule au Lycée Agricole de Hyères, le seul en France. Et cette formation se soldera par un Brevet Professionnel Responsable d’Exploitation Agricole (BP REA) en Apiculture. Elle dure 10 mois.

David et Gilles sont passionnés des abeilles et de la nature. «  Le rôle de l’abeille est d’être une sentinelle de l’environnement et elle assure 85 % de la pollinisation, elle a un rôle social, dit Gilles »

 

Apiculture Var David Tibergien

David Tibergien à 51 ans, a entamé une reconversion dans l’apiculture

 

David ajouté : «  je participe au maintien des colonies d’abeilles, à la pollinisation de leur milieu et à la protection de la biodiversité. Je suis stagiaire à la SCEA Forêt des Maures qui possède 9 ruchers en production de miel avec 700 ruches ». Il poursuit : « Afin de protéger mes abeilles des pesticides et fongicides il me faut un emplacement géographique spécifique. Je suis actuellement en contact avec le PNR des Baronnies provençales dans la Drôme afin de trouver le lieu idéal pour mes abeilles. »

En ce moment c’est la transhumance sur les plateaux, pour aller au-dessus du 45e parallèle en  Rhône Apes. Techniquement, c’est à la nuit tombée que les ruches sont embarquées dans un camion et conduites jusqu’à un nouveau terrain.

Dans la ruche

Mais que se passe-t-il dans une ruche ? Dans la nature, les abeilles construisent des rayons en cire dans leur nid. Ces rayons, sont composés de multitudes d’alvéoles où les abeilles stockent le miel, le pollen et où la reine pond ses œufs. L’intérieur de la ruche est conçu de la même manière, les rayons sont remplacés par des cadres. Le travail des abeilles est facilité car les alvéoles en cire sont déjà pré construites.

ruche abeilles

Jusqu’à 40 000 abeilles dans une ruche

La reine a pour unique mission de pondre et d’assurer le renouvellement de la colonie. Une reine peut pondre jusqu’à 2000 œufs par jour.

Les ouvrières sont très nombreuses et toutes au service de la reine et des larves.

Les ménagères effectuent le nettoyage des cellules de la ruche.

Les nourrices sont capables de produire de la nourriture et doivent prendre soin du couvain.

Le couvain se situe au cœur de la ruche, il regroupe les œufs, larves et nymphes qui deviendrons des ouvrières.

Les architectes construisent méticuleusement les rayons de la ruche.

Les manutentionnaires sont chargées de stocker le pollen et le nectar rapporté à la ruche par les butineuses.

Les Ventileuses ont pour mission de réguler la température intérieure de la ruche en la ventilant. Elles sont également gardiennes de la ruche.

Les butineuses parcourent la campagne autour de la ruche pour récolter nectar, pollen et eau indispensables à la survie de la ruche.

Au printemps-été la colonie est en pleine croissance et a de grands besoins en nourriture. Les butineuses récoltent le pollen et le nectar pour nourrir les larves et faire des réserves pour la saison froide, sous forme de miel. On peut compter jusqu’à 40 000 abeilles dans une seule ruche. L’abeille récolte le nectar des fleurs avec sa langue. Elle le stocke dans son jabot pendant le transport. Les abeilles malaxent le nectar, l’échangent d’abeille en abeille. C’est ainsi que le nectar devient miel.

Apiculteur professionnel

Le projet de David est de conduire un rucher professionnel en production de gelée royale, en y ajoutant la production de miel, de pollen et de propolis. Cette conduite s’effectuera obligatoirement en Agriculture Biologique. Il le dit : « De la sortie de leur hivernage au début de l’été je laisserai le miel aux abeilles afin qu’elles puissent devenir des colonies fortes, et n’effectuerai une récolte de miel que sur le : miel d’Acacia (Juin), de Tilleul (Juin/Juillet), de Lavande fine (Août). Je laisserai à mes abeilles les miellées suivantes afin qu’elle puisse préparer leurs provisions et hiverner dans de bonnes conditions. »

 

Il faut savoir que la moitié du cheptel d’abeilles est détenu par des personnes qui pratiquent en loisirs. Les professionnels, peu nombreux doivent avoir au moins 150 ruches pour vivre de l’apiculture. « Une ruche et un essaim, ça coûte 250 €, précise Gilles Broyer. A cela, il faut ajouter un hangar, un 4×4, vous devez donc  investir quelques 100 000 € pour commencer ». C’est là que le diplôme délivré par le centre de formation d’Hyères est utile, car il donne accès aux prêts et aux aides.

C’est comme cela que David utilisera l’Apis mellifera l’espèce employée en apiculture professionnelle.

Utilisation des produits de l’abeille

 

miel abeilles

Du miel, mais aussi de la cire avec les abeilles

Le Miel : en dehors de l’alimentation est aussi un très bon cicatrisant, il est bactériostatique (inhibent la croissance et la reproduction des bactéries),
Le Miellat : est issu des insectes piqueurs de végétaux (pucerons…), le miellat est un liquide sucré qui est stocké dans la ruche comme le nectar et donnera un miel particulier,
La Propolis : Récoltée par les abeilles sur certains bourgeons d’arbres comme le sapin, la propolis protège la ruche des microbes en agissant comme un véritable désinfectant naturel pour les abeilles,
Le Pollen : riche en protéines, il sert de nourriture aux larves,
La Gelée Royale : produite directement par des glandes spéciales présentes chez les abeilles nourrices s’occupant des futures reines,
La Cire : la cire est utilisée en bougie, dans des produits de protection des surfaces (meubles, maisons, chaussures) ou en cosmétique,
Le Venin : beaucoup moins connu que les autres produits de la ruche, le venin est étudié par les chercheurs en médecine pour son action remarquée sur les rhumatismes. Le venin des abeilles est aussi utilisé par l’industrie chimique.
David précise : « On fait grand cas des insecticides, des néonicotinoïdes qui sont certes dévastateurs pour les abeilles et autres insectes. Mais il y a aussi les fongicides qui, utilisés seuls ne sont pas reconnus comme dangereux mais peuvent créer des cocktails meurtriers une fois associés. Le pire est que ce mélange réactif n’est décelable que durant un laps de temps très court. Il est alors difficile de trouver la cause de la mortalité des abeilles

Depuis le 30 septembre 2016, les abeilles sont classées comme espèce en voie de disparition par The United States Fish and Wild life Service, un organisme fédéral dépendant du Département intérieur du gouvernement des Etats-Unis.

Les formations dispensées à Hyères sont donc très utiles. Il existe d’ailleurs des formations courtes qui durent d’une journée à une semaine et qui coûtent 70 € la journée, financées notamment par le DIF.

Jean Boris (j.boris@starvar.news)

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