ralentisseurs illégaux

Les ralentisseurs doivent respecter le décret de 1994, dans 90 % des cas, ils sont illégaux

 

Les motards et les automobilistes ont manifesté le samedi 10 juin, notamment à Toulon, Il y avait des membres de la Fédération Française des Motards en Colère 83 qui ont fait rugir leurs machines, mais aussi des automobilistes, dont certains adhère à « Mon maire est AUTO phobe ».

 

Ce rassemblement avait pour objectif de sensibiliser les pouvoirs publics sur les ralentisseurs illégaux. Ces fameux dos d’ânes tueurs d’amortisseurs.

 

Le coordinateur des motards en colère, José Loubry,  dénonce : « ces ralentisseurs sont hyper dangereux pour les motards. Par temps de pluie, ce sont de vraies patinoires. » « Le drame, poursuit-il, c’est qu’ils sont tous illégaux, trop hauts, trop larges, mal placés etc… »

Il enchaîne : « Les maires sont tout puissants, ils se placent hors la loi. Et nous, les motards, nous en avons ras le casque ! On fait croire que nous sommes des fous dangereux, que nous roulons toujours à des vitesses excessives, alors que l’accidentologie montre que très peu d’accidents arrivent aux motards en pleine ligne droite. De la même manière, on va nous imposer l’an prochain un contrôle technique, avec 28 points de sécurité, dont l’état d’usure des pneus. Il nous en coûtera 60 à 70 €. Seuls 0,7 % des accidents en deux roues sont causés par un manque d’entretien de la machine ».

 

Dos d'âne non conforme encore une voiture coincée

Dos d’âne non conforme encore une voiture coincée

 

Et il nous parle des fameux gants de motard devant être estampillés aux normes européennes : « Vous vous rendez compte, des gants achetés il y a moins de deux ans et qui sont bons à jeter à la poubelle. C’est comme les nouvelles plaques d’immatriculation qui sont plus larges, pour être mieux identifiées sur les photos des machines à PV. Ce n’est plus de la sécurité routière, c’est de la sécurité rentière ! » .

 

Une Pétition

 

De son côté, Thierry Modolo, qui anime le groupe « Mon Mairest AUTOphobe » Ce Gardén rappelle que pratiquement tous les ralentisseurs sont illégaux : « Ces ralentisseurs doivent être conformes au décret de 1994 et ce n’est pratiquement jamais le cas ! Les maires demandent à une entreprise de travaux public de construire un dos d’âne, cette dernière envoie un devis et des plans conformes et là, le 1er magistrat de sa commune fait ce qu’il veut, il outrepasse la loi. » C’est ce qui a conduit Thierry Modolo a lancé une pétition, sur toute la France et qui a recueilli 13 000 signatures.

Que dit cette pétition ?

 

« EXIGEONS que les maires de France qui sont aussi très souvent des parlementaires voir dans certains cas des ministres respectent la loi de 1994 sur l’implantation et les normes de constructions des ralentisseurs (aussi appelés dos d’ânes) ?

Dans la quasi-totalité des cas, ces derniers ne respectent pas du tout les zones d’implantations et encore moins la hauteur maximale de 10 cm inscrite dans la loi. A cause du non-respect de cette loi, tous les véhicules sont obligés, pour ne pas subir d’importants dégâts matériels (suspensions, carrosserie, direction…) (source expert automobile), de fortement ralentir a moins de 15 km/h (parfois 10 km/h) pour accélérer par la suite afin de reprendre une vitesse normale. De fait, une forte pollution induite est générée par une augmentation importante de la consommation de carburant (CO2 + particules fines) et par l’usure des freins et embrayage (fortement générateurs de particules fines).

Du côté de votre véhicule, c’est une usure prématurée des amortisseurs, des trains roulants (direction et parallélisme), des freins…etc… Encore plus grave pour la santé et l’intégrité physique des occupants des véhicules, les contraintes verticales répétées sur la colonne vertébrale… notamment celle des enfants et plus particulièrement celle des très jeunes et des bébés qui ne voient pas la contrainte arriver et donc ne peuvent l’anticiper au niveau des cervicales (source médecin urgentiste)…pensez aussi aux femmes enceintes qui subissent plusieurs fois par jour ces chocs verticaux !

Récemment un conducteur de bus Toulonnais nous expliquait avoir compté le nombre de fois où il passe sur des ralentisseurs hors normes… 272 fois par journée de travail soit 59 000 fois par année de travail ! Même les pompiers, policiers et gendarmes quand ont les interrogent disent ne plus pouvoir supporter à longueur de journée ces aberrations ! N’oublions pas non plus les 2 roues qui régulièrement chutent suite au choc de la roue avant sur des ralentisseurs trop hauts et qui risquent de finir sur une chaise roulante !

 

Tous illégaux à La Garde

 

Ce combat, il commence à le mener à La Garde « Il faut bien commencer quelque part »…, dit-il. « Nous avons fait procéder à des constats d’huissier. Nous n’avons pas trouvé un seul ralentisseur conforme ! Nous allons donc engager une action devant le Tribunal Administratif. Et nous en avons contrôlé une vingtaine ! »

 

Un décret oublié pour les ralentisseurs

Le décret de 1994 implique des normes pour l’implantation des ralentisseurs

 

Le décret de 1994 est précis, les ralentisseurs ne doivent pas être implantés : sur une section de voie localement limitée à 30 km/h ; sur des voies où le trafic est supérieur à 3 000 véhicules en moyenne journalière annuelle – sur les voies à grande circulation, sur les voies supportant un trafic poids lourds supérieur à 300 véhicules en moyenne journalière annuelle, sur les voies de desserte de transport public de personnes ainsi que sur celles desservant des centres de secours, sauf accord préalable des services concerné etc. D’ailleurs, il a été rappelé que la responsabilité pénale personnelle du maire peut être recherchée. Les différents ministres ont attiré l’attention du président de l’association des maires de France sur ce sujet.

 

ralentisseurs carters percésLes automobilistes y vont de bons commentaire, par exemple : « il fut un temps on dépensait de l’argent pour avoir de belle routes, désormais on dépense de l’argent pour les rendre inutilisables ou particulièrement pénibles, j’en sais quelque chose : 43 dos d’ânes plus ou moins grands sur les 11km du trajet domicile – travail »

 

Thierry Modolo pense que son action auprès du tribunal administratif pourra faire goutte d’huile et permettre à tous, dans toute la France, d’utiliser un jugement qu’il escompte positif. Thierry rappelle qu’il n’y a pas de dos d’ânes à Paris, ni à Sanary. Et il me raconte l’histoire des coussins berlinois, ceux qui font valser les automobiles dès la première pluie vers le trottoir.

 

L’entretien terminé, je regagne mes pénates en passant par la Corniche de Toulon, j’entends comme un frottement bizarre, encore un carter qui n’a pas apprécié le dos d’âne.

Heureusement que je possède pas une voiture électrique, sinon j’en aurai été pour 7000 € de réparation pour le socle batterie..

Jean Boris

 

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