Frédéric Boccaletti Marine Le Pen

Frédéric Boccaletti, patron du FN dans le Var, ici avec Marine Le Pen

 

Quand j’ai proposé à Frédéric Boccaletti une interview du style »je ne partage pas ses idées, mais j’ai envie de le mieux connaître », il a tout de suite adhéré, en répondant « oui ça change, c’est un nouveau format ».

Frédéric Boccaletti est le patron du Front National dans le Var. Il siège au conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur depuis 2010. C’est le premier opposant au maire de Six-Fours, Jean-Sébastien Vialatte. Il faut dire qu’un premier tour des dernières élections législatives, Frédéric Boccaletti a fait 5 voix de plus que député maire sortant sur sa commune. Certes, ce ne sont que cinq voix, mais c’est la première fois que Boccaletti devançait Vialatte dans une élection.

Il parle cash, ce quadra, né en 1973, aujourd’hui papa de deux enfants 8 et 10 ans, qui est marié à la responsable FN de Six-Fours. Il faut dire que son parcours n’est pas banal.

 

« Je n’aimais pas l’école, j’étais encore en sixième à 13 ans. Je voulais travailler. A 14 ans, j’ai donc fait mes premières salades (ndlr entendez assaisonnées et pas politiques) dans un restaurant de plage, dit-il. »

Il se passionne donc pour la cuisine. A Hyères, il travaille même pour un restaurant de nuit « Le Night » dans lequel il fréquentait Paul  Ursini et Jean-Louis Fargette. Des figures pour les Varois. Jean-Louis Fargette est un ancien parrain du milieu varois des années 70 à 1993, année où il fut assassiné en Italie.

C’est à 17 ans que Frédéric Boccaletti est victime d’un terrible accident de moto, en quittant son travail. Il passera de nombreuses années en fauteuil roulant et ira d’hôpital en hôpital pour de diverses interventions et une douloureuse rééducation.

C’est à 21 ans qu’il s’engage en politique. « Avant, je ne faisais pas de politique, dans ma famille, on ne parlait pas politique on votait, c’est tout. Et mes parents, à cette époque n’étaient pas vraiment d’extrême droite… »

 

Qu’est-ce qui vous fait entrer en politique et adhérer au Front National ?

F.B. : Une rencontre, à Hyères. Je m’occupais d’une association de personnes en fauteuil roulant. A ce titre, j’ai rencontré le candidat du FN, Philippe de Beauregard, je l’ai trouvé tout de suite sympathique, dynamique.

Le Front, ce n’est quand même pas banal…

F.B. : J’étais en phases avec les idées qu’il portait, notamment sur l’immigration et l’insécurité.

Et vous ne quittez plus le FN

F.B. : Si, en 1999, je deviens mégretiste, à cause du maire de Toulon, Jean-Marie Le Chevalier. Je deviens adhérent au MNR

C’est à cette époque, plus exactement en 2000, que colleur d’affiche il est condamné à un de prison dont six mois fermes.

Difficile le passage en prison, même si vous n’y êtes resté que quatre mois et demi, pour raison de santé ?

F.B. : Vous savez, quand on est en fauteuil roulant pendant des années, on s’habitue à tout… J’étais à Saint Roch, on ne pas dire que ce fut du luxe ! Tout ça à cause d’une histoire de collage d’affiches, des jeunes nous suivaient. Après avoir attendu qu’ils soient (je le pensais) partis, je me suis retrouvé avec mon co-équipier face à une équipe nombreuses. Nous avons pris peur, j’ai passé mon pistolet à grenaille (je le portais car j’avais déjà été victimes d’agression et je ne me sentais pas en sécurité) il a tiré, il n’y a pas eu de blessé.

Le retour au Front

Jusqu’à son passage par la case Saint Roch, Frédéric Boccaletti gère une société d’édition une librairie. « Je vendais des ouvrages d’extrême droite, précise-t-il

En 2001, Frédéric Boccaletti est élu conseiller municipal à Six-Fours sur une liste divers droite. Il cesse son activité de libraire. C’est en 2009 qu’il rejoint le Front National, sous l’aile protectrice de Jean-Marie Le Pen lui-même.

 

Frédéric Boccalett président du groupe FN au conseil régional Paca

Frédéric Boccaletti désormais président du groupe FN au conseil régional Paca

 

Et vous êtes élu conseiller régional en 2010

F.B. : En fait j’étais le directeur de campagne de Jean-Marie Le Pen pour ces élections régionales. On m’avait positionné en troisième position sur la liste dans le Vaucluse. Il n’y avait pratiquement aucune chance pour que je sois élu. Mais notre bon score en a fait autrement. Le directeur de campagne est devenu conseiller régional.

 

Vous devenez secrétaire fédéral du Var…

F.B. : Oui je suis aussi membre du comité central. Dans le Var, quand j’arrive comme secrétaire départemental, il y 500 adhérents. Aujourd’hui, nous sommes plus de 5000, 5445 très exactement à ce jour.

Frédéric Boccalletti respire politique. « C’est mon choix. Je vie cela intensément avec passion »

Vous êtes aujourd’hui le président du groupe FN au conseil régional.

F.B. : J’ai d’abord été le directeur de campagne de Marion (ndlr entendez Marion Maréchal Le Pen). Lorsqu’elle a décidé de se retirer de la vie politique, j’ai été élu par les conseillers frontistes en juillet de cette année.

Candidat à la mairie de Six-Fours

Parlons de votre ambition, aujourd’hui, vous aspirez à quoi ?

F.B. : Ce n’est pas un secret, je souhaite occuper des responsabilités locales. Je serai candidat à la mairie de Six-Fours en 2020.

Frédéric Bocalletti toujours en conquête de Six-FoursC’est encore loin 2020.

F.B. : Pas tant que cela, il nous faut affiner notre projet. Présenter un vrai plan pour la commune. Un plan d’action pour que les six-fournais se sentent bien, se sentent mieux. Pour qu’il n’y ait plus des grues dans presque tous les quartiers. Pour localement appliquer notamment en terme de sécurité, d’immigration les idées défendues par le FN. Par exemple, j’aurais interdit le port du burkini sur les plages de Six-Fours.*

Ce n’est pas l’avis de la majorité de la population…

F.B. : C’est celui que je défends !

En pleine affaire des assistants parlementaires au parlement européen, permettez-moi de vous rappeler que vous avez été assistant de Dominique Martin

F.B. : Oui assistant local, un VRAI travail, pendant un an ! Vous verrez cette affaire qui est arrivée en pleine campagne présidentielle, elle va se dégonfler, elle finira par un classement….

Au Front il y a du remue-ménage…

F.B. : Nous préparons notre congrès pour que tout s’éclaircisse. La question de l’euro, elle sera encore débattue, si la majorité se prononce pour l’abandon de l’euro se sera  très très clair. D’ailleurs, le Front National a toujours été clair là-dessus. Il y aura encore une vraie crise économique européenne et il faudra abandonner l’euro pour s’en sortir.

Des mots pour vous caractériser ?

F.B. : Fidèle loyal combatif

 

Recueilli par Jean Boris

  • depuis cette interview, le maire Six-Fours a pris un arrêté anti-burkinis

 

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