Zineb Sedira expose à Toulon

Zineb Sedira une fantastique exposition, jusqu’au 27 juillet, au théâtre Liberté de Toulon

Depuis quinze ans, Zineb Sedira a enrichi le débat autour des concepts du modernisme, de la modernité et de ses manifestations. Elle a également sensibilisé à l’expression artistique contemporaine en Afrique du Nord. Elle a trouvé l’inspiration d’abord dans la recherche de son identité de femme avec une géographie personnelle singulière. Partant de ces préoccupations autobiographiques, elle a progressivement déplacé son intérêt vers des idées universelles sur la mobilité, la mémoire et la transmission. Zineb Sedira travaille aujourd’hui entre Londres et Alger.

La Maison de ma mère

« Le blanc ? Pour moi c’est la couleur de l’Algérie, le blanc de l’Algérie, Alger la blanche... » Le blanc est omniprésent dans la maison maternelle – broderies, voilages, coussins, vêtements. Le blanc des cérémonies et des rituels. Couleur teintée de nostalgie, c’est aussi le blanc du vide de la maison, que pleure la mère puisque les enfants vivent ailleurs et ne reviendront pas. Le blanc traduit alors l’absence. […] Comme pour Assia Djebar dans Le Blanc de l’Algérie, la parole des sans nom balayés par l’Histoire, en même temps que l’affirmation digne de vies simples vécues héroïquement, opèrent en quelque sorte un rituel de sépulture symbolique des morts, en réparation de la douleur de vies déchirées. […] Mais ce blanc est aussi un espace de réparation et de création, l’espace interstitiel où se révèle ce que l’on ne peut pas toujours nommer. Cet espace magique qui est celui de la création et du mystère de tout individu.
Marie-Christine Press, extrait de Zineb Sedira : L’art de traduire le conflit

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